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L’incontinence anale ou fécale est un autre tabou de notre société. De même que l'incontinence urinaire mais encore plus
délicate au quotidien, cette dernière est un problème réel au quotidien de ceux qui la vive. Nombreux sont ceux qui n’osent pas en parler alors que des solutions
existent !
Voici ce qu’il faut savoir sur l’incontinence anale chez l’homme et la femme.
Qu’est-ce que l’incontinence anale ?
L’incontinence anale se défini par la perte involontaire de gaz et de selles liquides ou solides par le rectum. Cette incontinence est à distinguer de l’incontinence fécale qui ne correspond qu’à l’émission de selles.
L’incontinence annale, un autre tabou
Dans notre société actuelle, beaucoup de problème de santé sont passés sous silence de peur de ne pas être accepté dans notre milieu professionnel,
social ou voir familiale. L’incontinence anale est un exemple très concret de tabou médical de notre société.
Cette peur de parler mène beaucoup de personnes à une aggravation de leurs symptômes alors que le plus souvent,
les symptômes d’origines sont parfaitement traitables. L’aggravation de ces symptômes peut ensuite mener à des complications sévères avec le temps et engendrer un
handicap qui obligera parfois à subir des opérations chirurgicales lourdes.
C’est pourquoi nous vous conseillons de ne pas attendre si de tels symptômes apparaissent et de vous confier à votre médecin le plus tôt possible.
L’incontinence anale en chiffres
On estime que l’incontinence annale touche environ 2% de la population française. En 1989, des tests menés auprès de la population française ont montrés que le taux de personnes qui souffraient d’incontinence anale était estimé à 11% chez les plus de 45ans.
Plus récemment, un sondage mené auprès de 10.000 français de plus de 15ans a montré que 16% des personnes interrogées ont reconnus avoir eu des troubles de l’incontinence anale l’année précédant le
sondage.
Enfin, la répartition de l’incontinence anale entre l’homme et la femme à plus précisément été évaluée à 1,1% chez l’homme et 1,3% chez la femme,
tous deux chez les plus de 65ans. Aussi,
pour les personnes étant en unités de long séjour ainsi que celles étant en psychogériatrie, ce même chiffre monte entre 30% à 50% des personnes.
Les symptômes de l’incontinence fécale
Rappelons que l’incontinence anale se caractérise par la perte involontaire de gaz ou de matière fécale liquide ou solide.
Il existe 2 formes d’incontinence fécale :
- L’incontinence fécale passive
- L’incontinence fécale active ou motrice
Il s’agit d’une perte totalement involontaire de selles de la part de la personne incontinente. La personne n’est pas
consciente de l’épisode incontinent et ne ressent pas le besoin de déféquer au moment de l’incontinence.
Ce type d’incontinence survient lors de moments de constipation. Le rectum est alors généralement plein.
L’incontinence active ou motrice résulte à l’inverse d’un besoin impérieux. La personne est alors consciente du
besoin urgent de déféquer mais n’a pas le temps de se rendre aux toilettes. Dans ce cas, on peut parler d’urgenturie des selles.
Ce type d’incontinence survient souvent accompagné de diarrhée. Le rectum est alors vide et suintant.
Les causes de l’incontinence anale
Les causes de l’incontinence anale peuvent être nombreuses. Elles peuvent s’accumulées les unes aux autres comme elles peuvent rester isolées.
La constipation
Elle obstrue le colon et empêche l’évacuation normale des selles. Une constipation prolongée peut générer l’affaiblissement du muscle du périnée et empêcher ainsi la poussée des matières fécales aux toilettes. On se retrouverait alors dans la forme d’incontinence anale passive citée plus haut.
Un acte chirurgical
Les hémorroïdes sont par exemple une raison possible d’un éventuel acte chirurgical au niveau du bassin.
Une tumeur
Elle peut avoir détruit entièrement le muscle pelvien ou elle peut encore contraindre le chirurgien à le retirer entièrement pour empêcher la propagation de la tumeur. Cette tumeur peut par exemple être chez l’homme un cancer de la prostate ou chez la femme un cancer de l’endomètre, c’est-à-dire un cancer de la paroi de l’utérus.
Une maladie neurologique
Comme la maladie de Parkinson ou Alzheimer qui provoquent des troubles neurologiques et qui empêche ainsi le contrôle de muscle anal. Ce type de cause peut mener à une incontinence anale par urgenturie et donc totalement consciente de la personne.
Une blessure ou section des nerfs du sphincter
Les actes chirurgicaux peuvent parfois devoir se pratiquer dans des zones sensibles proche des nerfs. L’endommagement des nerfs sacrés qui innervent notamment le rectum peut provoquer l’incontinence anale de type passif. La personne serait alors sujette à des épisodes inconscients d’incontinence.
La grossesse
L'étape de la grossesse dans la vie d'une femme peut amener les muscles du sphincter et du périnée à être distendus. L’accouchement peut provoquer des déchirures qui se réveillent plus tard lors de la ménopause.
Les traitements de l’incontinence anale
Les traitements de l’incontinence anales vont se divisés en traitement de première intention et en traitement par chirurgie une fois que toute les autres options auront été envisagées et essayées.
Les traitements de premières intentions
Les traitements de premières intentions comportent tous les traitements qui ne nécessitent pas l’intervention de la chirurgie.
Ils comprennent tous d’abord les conseils et règles hygiéno-diététiques de vie pour une digestion des plus faciles pour aider le colon à accomplir son travail
d’évacuation. Ils comprennent aussi les solutions rééducatives du sphincter, du muscle pelvien ainsi que du colon et ils comprennent les traitements par
médicaments de l’incontinence anale.
Les règles hygiéno-diététiques
Ces règles hygiéno-diététiques seront tout simplement des conseils nutritifs à mettre en pratique au quotidien afin de favoriser une meilleure digestion et une
meilleure évacuation anale.
Les conseils pourront vous être recommandés par votre médecin traitant ou alors en collaboration avec un diététicien
qui vous sera alors recommandé éventuellement par votre médecin. Votre médecin ou votre diététicien vous conseillera alors des changements alimentaires qui seront
susceptibles d’améliorer les troubles et les symptômes liés à l’incontinence anale.
Voici les conseils que votre praticien sera susceptible de vous donner :
- Veiller à boire assez de liquide
- Limiter la bière et l’alcool
- Limiter les édulcorants
- Mise en garde sur le tabac et le surpoids
- Faire des exercices
Les liquides sont importants pour la digestion et pour l’état de santé général. Ils favorisent une bonne fabrication de la matière fécale.
Il est conseillé de boire 1 à 2 litres de liquides par jour.
Ils peuvent parfois poser problèmes, ils ne sont pas forcément conseillés. Il en va de même pour la caféine et le thé ainsi que les boissons gazeuses et le chocolat.
Les boissons gazeuses « light » ou encore les aliments « allégés » comportent des édulcorants artificiels qui peuvent affecter le contrôle des fonctions urinaires et fécales.
Le tabac et le surpoids peuvent jouer un rôle important dans le transit intestinal. Ils peuvent être la cause de constipations.
Il vous conseillera également de faire des exercices réguliers qui faciliteront la fonction intestinale. Ainsi, la marche, le vélo et la natation sont tous des exercices bénéfiques qui aideront à résoudre les troubles de l’incontinence anale, surtout chez les personnes ayant une vie sédentaire.
La rééducation périnéale
La rééducation périnéale est une rééducation musculaire qui consiste à renforcer le plancher pelvien.
Elle peut se pratiquer par plusieurs moyens :
- Les exercices de Kegel
Ce sont des exercices spécialement conçus pour la rééducation pelvienne. Ils sont à bases de pilâtes et se concentrent sur le bassin avec une série d’exercices à base de contractions musculaires.
Les exercices de kegel, la rééducation de l'incontinence anale et urinaire.
- L'électrostimulation
- Le biofeedback
C’est une technique qui consiste à stimuler le plancher pelvien par le biais de rapides impulsions électriques de faible intensité. Ces impulsions étant générées par un appareil électrique muni de sondes électriques que l’on colle sur la peau au niveau du bassin.
C’est une technique active de rééducation périnéale qui consiste à prendre conscience de notre plancher pelvien. Ces
exercices sont complexes et nécessites une bonne concentration.
Elle se pratique par le biais de d’un appareil qui va déterminer si vous contractez les bons muscles et si l’intensité de la contraction est correcte ou
insuffisante. Le résultat s’affiche sur un écran d’ordinateur à l’aide d’un programme dédié.
Les médicaments
La prescription d’un traitement médicamenteux dépend de l’importance du trouble intestinal. Seul un entretien avec votre médecin dans lequel vous exposerez clairement
tous vos troubles permettra de savoir si un traitement médicamenteux peut être envisagé.
Un exemple de médicament qui peut être prescrit dans le cadre de l’incontinence anal est un ralentisseur de transit comme la
lopéramide.
La chirurgie
La chirurgie est clairement un traitement de seconde intention. Elle intervient après que toutes autres solutions de première intention aient été envisagées.
La rectopexie
La rectopexie est une opération qui se pratique en cas de prolapsus du rectum. Un
prolapsus du rectum est une descente du rectum qui sort par l’anus en un stade plus ou moins avancé. Cela arrive le plus souvent aux femmes ayant eu plusieurs accouchements difficiles ou répétés qui
auraient affaibli les muscles pelviens.
Cette opération consiste donc à fixer le rectum sur la colonne vertébrale entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum. Cela est réalisé à l’aide d’une
bandelette synthétique. La rectopexie se pratique après ouverture de la paroi abdominale sous anesthésie générale.
Toutefois, bien que cette opération corrige parfaitement le prolapsus du rectum, elle ne permet pas de corriger une incontinence anale antérieure au problème du prolapsus lui-même. L’opération peut
même aggraver les symptômes de l’incontinence anale.
La neuromodulation
La neuromodulation est utilisée depuis 1988. Elle consiste à implanter une électrode dans un des orifices du sacrum. Le sacrum est l’os en bas du dos reliant
cinq vertèbres. L’implant de cette électrode aura pour but de stimuler les nerfs sacrés responsables du contrôle du système anal.
Les personnes touchées par ce type d’incontinence sont des personnes atteintes d’incontinence par impériosité. C’est une incontinence qui survient
indépendamment de l’envie réelle d’uriner ou de déféquer. Aussi, cette incontinence survient sans que le cerveau puisse contrôler le système urinaire ou anal. Ce phénomène prenant cause dans une
défaillance des nerfs et notamment les nerfs sacrés.
En stimulant électriquement ces nerfs, la personne atteinte d’incontinence anale retrouvera alors le contrôle de son système anal et urinaire.
Avant d’implanter cet appareil, des test seront préalablement réalisés afin de vérifier que le patient réagi aux stimuli électriques sur les nerfs sacrés et que le
dispositif aura bien l’effet escompté.
Le sphincter anal artificiel
Cette dernière option est envisagée en cas d’incontinence anale sévère. Ces cas sont toutefois assez rares. Cette opération consiste à placer autour du canal anal, dans le système sphinctérien, une manchette en silicone qui comporte un réservoir de liquide et une pompe. Lors de l’enclenchement du mécanisme, la manchette se remplie et comprime alors le canal rendant ainsi le canal rectal continent. Lorsque la personne veut aller aux toilettes elle actionne de nouveau le mécanisme libérant le liquide de la pompe et décomprimant le rectum. La personne peut alors aller aux toilettes normalement.
